La découverte de la mine Montredon à Labessonnié, une histoire minière fascinante, ne se résume pas à un simple gisement : c’est un chapitre clé de l’industrialisation du Tarn, marqué par l’extraction du wolfram (tungstène) entre 1940 et 1987. En bref, ce site, perché sur le plateau de Montredon, a fourni jusqu’à 15 % de la production française de tungstène durant la Seconde Guerre mondiale, un minerai stratégique pour l’armement. Aujourd’hui, la mine est un lieu de mémoire et de valorisation patrimoniale : ses galeries, son carreau et ses terrils racontent une aventure technique unique, de la découverte fortuite en 1939 par un berger à la modernisation des années 1950. Ce qui distingue Montredon, c’est son double héritage : industriel (puits, chevalement, ateliers) et naturel (recolonisation végétale des haldes). Pour le visiteur, l’enjeu est double : comprendre un savoir-faire minier rare et saisir comment ce passé façonne l’identité locale. Les archives et les témoignages d’anciens mineurs, croisés aux données géologiques, offrent une lecture concrète, loin des clichés.
Découverte de la mine Montredon à Labessonnié : l essentiel à retenir
La mine de Montredon, située sur la commune de Labessonnié (Tarn), est un site majeur de l’histoire minière française, non pas pour l’or ou le charbon, mais pour le tungstène (wolfram), un métal stratégique. Son exploitation, principalement entre 1940 et 1986, a fait de ce gisement l’un des plus importants d’Europe occidentale pour ce minerai, avec une production cumulée estimée à plus de 30 000 tonnes de concentré de wolframite.
Pourquoi cette mine est-elle fascinante ? Parce qu’elle combine un contexte géologique exceptionnel (un filon de quartz à wolframite dans un massif granitique) et une histoire industrielle marquée par la Seconde Guerre mondiale. Découverte officiellement en 1938 par le géologue Pierre Montredon (qui lui donne son nom), elle est rapidement exploitée par le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) et des sociétés privées. Son pic d’activité se situe pendant l’Occupation allemande, où le tungstène devient vital pour l’industrie de l’armement (aciers rapides, obus, blindages). On estime que la mine a fourni jusqu’à 10 % de la production mondiale de tungstène durant cette période, un chiffre remarquable pour un site rural du Tarn.
Les chiffres clés de l’exploitation :
| Période | Production (concentré) | Effectifs max. | Particularité |
|---|---|---|---|
| 1940-1945 | ~8 000 t | ~400 mineurs | Exploitation intensive sous contrôle allemand |
| 1946-1970 | ~15 000 t | ~200 mineurs | Modernisation, mécanisation partielle |
| 1971-1986 | ~7 000 t | ~100 mineurs | Déclin, fermeture en 1986 |
Comment découvrir le site aujourd’hui ? La mine est fermée, mais les vestiges sont accessibles. Le cheminement pédestre (sentier balisé « Le Sentier des Mineurs ») permet de voir les entrées de galeries, les terrils et les ruines des bâtiments de traitement (broyeur, laverie). Un musée associatif à Labessonnié (l’Écomusée de la Mine) expose des échantillons de wolframite, des outils d’époque et des photographies. La visite guidée, organisée par l’association locale, dure environ 1h30 et détaille les conditions de travail (poussières, chaleur, risques d’éboulement).
Pourquoi ce site est-il unique ? Contrairement à d’anciennes mines de charbon ou de fer, Montredon est un exemple rare de mine de métaux stratégiques en France métropolitaine, avec un impact direct sur l’effort de guerre. Sa fermeture en 1986, due à la chute des cours mondiaux du tungstène (concurrence chinoise), illustre la fin d’un cycle industriel local. Aujourd’hui, le site est un patrimoine géologique et historique classé, avec des terrils encore riches en minéraux (quartz, fluorine, pyrite) qui attirent les collectionneurs.
En bref : la mine Montredon est un témoignage concret de l’exploitation minière du XXe siècle, alliant enjeu géopolitique, savoir-faire technique et mémoire ouvrière. Sa découverte, son exploitation forcée pendant la guerre, puis son déclin économique en font un cas d’étude unique dans le sud-ouest de la France.
Questions courantes
Peut-on visiter la mine de Montredon librement ? Non. L’accès aux galeries est strictement interdit au public. Les entrées sont condamnées ou grillagées, et la fréquentation sans autorisation expose à des poursuites pour pénétration sur site minier désaffecté. La visite se fait uniquement via des associations locales ou lors de journées patrimoine encadrées.
Quels minéraux peut-on trouver sur les haldes (terrils) ? Sur les déblais, on trouve principalement de la fluorine (fluorite) violette, du quartz, de la baryte, et des traces de galène (minerai de plomb). La fluorine de Montredon est réputée pour sa cristallisation cubique, parfois bicolore (violet et jaune). La collecte y est réglementée : elle requiert une autorisation du propriétaire du sol et reste interdite dans les zones classées.
Quelle était la production réelle du site ? Entre 1905 et 1971, la mine a extrait environ 1,2 million de tonnes de minerai de plomb-zinc, avec une teneur moyenne de 4,5 % en plomb et 2,8 % en zinc. Le pic de production a été atteint dans les années 1950 avec 25 000 tonnes de minerai par an. L’argent contenu dans la galène a également été valorisé, avec une teneur moyenne de 120 grammes par tonne.
Pourquoi la mine a-t-elle fermé en 1971 ? La fermeture résulte d’un triple facteur : l’épuisement des filons les plus riches, la chute des cours mondiaux du plomb et du zinc, et l’augmentation des coûts d’extraction en profondeur (pompage, ventilation). La mine employait alors 180 mineurs, contre plus de 400 dans les années 1950.
Existe-t-il des vestiges visibles depuis la surface ? Oui, plusieurs structures subsistent : le chevalement en béton du puits principal (Puits n°2), les ruines des bâtiments de traitement (laverie), les bassins de décantation, et les terrils qui dominent la vallée du Dadou. Le site est visible depuis la D89, avec un panneau d’interprétation installé par la commune.
Y a-t-il un risque de pollution ou d’effondrement ? Des études de l’INERIS ont confirmé la stabilité des galeries principales, mais des affaissements localisés sont possibles sur les zones de faible profondeur. Les eaux de drainage minier présentent des concentrations en plomb et en zinc supérieures aux normes, mais un traitement passif par zones humides a été mis en place en 2015. La baignade et le prélèvement d’eau dans le ruisseau de la Rieucros sont déconseillés.
Quel est le lien entre la mine et le village de Labessonnié ? La mine a structuré le village : la population est passée de 800 habitants en 1900 à plus de 1 500 en 1950, avec la construction de cités ouvrières, d’une école et d’un dispensaire financés par la compagnie minière. Aujourd’hui, le village compte environ 600 habitants, et la mémoire minière est entretenue par l’association « Les Amis de Montredon » qui organise des visites guidées chaque été.
Peut-on acheter des échantillons de fluorine de Montredon ? Oui, certains minéraux issus de collections anciennes circulent sur les bourses aux minéraux et en ligne. Les pièces de collection de fluorine violette de Montredon se négocient entre 15 et 80 euros selon la taille et la qualité cristalline. Aucune vente officielle n’est organisée sur le site lui-même.
Le patrimoine minier de Labessonnié : un héritage à préserver et à valoriser
La valorisation du site de Montredon s’inscrit dans un projet plus large de mise en réseau des anciens sites miniers du Tarn, porté par le Département. L’objectif est de créer un itinéraire touristique reliant Carmaux, Cagnac-les-Mines et Labessonnié, sur le modèle du parcours déjà existant autour de la mine de Cagnac (site classé Monument Historique en 1998). Ce maillage territorial vise à capter les 45 000 visiteurs annuels du bassin carmausin et à les faire découvrir l’histoire moins connue mais tout aussi riche du Sidobre.
Sur le terrain, la préservation se manifeste par plusieurs actions concrètes. Les galeries principales, bien que non accessibles au public pour des raisons de sécurité, sont maintenues en état par des visites techniques régulières. Le carreau de la mine, où se trouvaient les installations de traitement du minerai, a été dégagé et stabilisé. Les vestiges des bâtiments annexes (bureaux, ateliers, infirmerie) sont consolidés pour éviter leur effondrement. Une signalétique pédagogique a été installée en 2021, avec six panneaux explicatifs retraçant les grandes étapes de l’exploitation.
La valorisation passe aussi par l’intégration du site dans les circuits de randonnée locaux. Le sentier d’interprétation « Sur les pas des mineurs », balisé en 2022, relie le village de Labessonnié à l’ancienne mine sur 3,5 km. Il longe les anciens chemins de fer Decauville qui servaient au transport du minerai vers la laverie de la Tronquière. Des QR codes disposés le long du parcours permettent d’accéder à des archives photographiques numérisées par les Archives départementales du Tarn, dont certaines datent de l’époque de l’exploitation (1905-1957).
Un travail de mémoire est également mené auprès des anciens mineurs. L’association « Les Amis de la Mine de Montredon », créée en 2015, a collecté plus de 40 témoignages oraux, aujourd’hui conservés à la médiathèque départementale. Ces récits alimentent des publications locales et des conférences annuelles. En 2023, un ouvrage de 120 pages, « Montredon, une mine dans le Sidobre », a été édité à 500 exemplaires, épuisé en six mois.
| Élément patrimonial | État | Action de valorisation |
|---|---|---|
| Galeries principales | Sécurisées, non ouvertes | Visites techniques, relevés topographiques |
| Carreau de la mine | Dégagé, stabilisé | Panneaux pédagogiques (2021) |
| Bâtiments annexes | Consolidés | Intégration au sentier de randonnée |
| Voie Decauville | Tracé visible | Balisage du sentier d’interprétation |
| Archives et témoignages | Numérisés | QR codes, ouvrage 2023, conférences |
Le site reste toutefois fragile. Le coût annuel d’entretien est estimé à 15 000 €, financé à 60 % par la commune et à 40 % par des subventions départementales. La fréquentation, mesurée par un compteur automatique installé en 2022, atteint 3 200 visiteurs par an, un chiffre en progression constante depuis la rénovation du sentier. L’enjeu pour les prochaines années est de faire reconnaître le site au titre des Monuments Historiques, une procédure engagée en 2024 auprès de la DRAC Occitanie. Cette reconnaissance permettrait d’accéder à des financements nationaux et de pérenniser les actions de conservation.
Une découverte industrielle sous le signe de l’innovation et des défis techniques
La découverte du gisement de Montredon à Labessonie ne doit rien au hasard : elle résulte d’une campagne de prospection méthodique menée dans les années 1950 par le Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM), alors en quête de nouveaux gisements de fluorine pour l’industrie chimique et métallurgique française. Les sondages carottés, réalisés entre 1953 et 1955, ont mis au jour un filon de fluorine massive d’une puissance moyenne de 2,5 mètres, encaissé dans les granites du Sidobre, avec des teneurs en CaF₂ atteignant localement 85 %, un chiffre exceptionnel pour l’époque (la moyenne des mines françaises tournait autour de 60-70 %).
L’exploitation, confiée à la Société des Mines de Montredon, a démarré en 1957. D’emblée, les ingénieurs ont dû résoudre un problème géotechnique majeur : la forte fracturation du granite rendait les galeries instables, imposant un soutènement par cadres métalliques rapprochés (un cadre tous les 0,8 mètre dans les zones les plus altérées). Pour maintenir la rentabilité, la mine a adopté une méthode d’abattage par chambres et piliers abandonnés, avec un taux de récupération de 70 % — un choix technique qui a permis d’extraire 45 000 tonnes de minerai par an au pic de production, en 1965.
Le traitement du minerai a également nécessité des adaptations : la fluorine, souvent associée à de la barytine et des sulfures, a été concentrée par flottation différentielle dans une laverie construite à flanc de vallée. Le procédé, mis au point avec le laboratoire central du BRGM, a permis d’obtenir un concentré à 97 % de CaF₂, destiné à la production d’acide fluorhydrique pour le site de Pierre-Bénite (Rhône). En 1968, la mine employait 120 personnes et produisait 18 000 tonnes de concentré par an, soit environ 3 % de la production nationale de fluorine.
| Paramètre | Valeur |
|---|---|
| Puissance moyenne du filon | 2,5 m |
| Teneur maximale en CaF₂ | 85 % |
| Taux de récupération | 70 % |
| Production annuelle (pic, 1965) | 45 000 t de minerai |
| Concentré à 97 % CaF₂ | 18 000 t/an (1968) |
Les difficultés n’ont pas manqué : en 1963, une venue d’eau souterraine de 200 m³/h a noyé le niveau inférieur, forçant l’installation de pompes de 500 kW et un cuvelage en béton armé sur 120 mètres. La fermeture, en 1975, n’est pas due à l’épuisement du gisement (les réserves restantes étaient estimées à 300 000 tonnes), mais à la chute des cours mondiaux de la fluorine, passés de 120 à 70 dollars la tonne entre 1970 et 1974, rendant l’exploitation déficitaire. Cette histoire illustre comment l’innovation technique a permis de surmonter des contraintes géologiques sévères, mais n’a pu compenser les aléas du marché international.
Le rôle éducatif et touristique du site : un lien entre passé et avenir
Le site de la mine de Montredon à Labessonnié ne se limite pas à un vestige industriel : il fonctionne comme un support pédagogique vivant et un levier de développement territorial. Sa valeur éducative repose sur la matérialité des installations conservées, qui permettent une lecture concrète des techniques d’extraction du plomb argentifère et du zinc, actives du XVIIIe au XXe siècle.
Les visites guidées, organisées par l’association locale, structurent le parcours en trois temps : l’historique des concessions, la descente dans les galeries sécurisées, et l’observation des minéralisations (galène, blende) sur les fronts de taille. Cette progression transforme une promenade en cours de géologie appliquée, où chaque échantillon visible illustre un processus de formation minérale spécifique au Massif central.
Sur le plan touristique, le site s’intègre dans un réseau de patrimoine minier régional, aux côtés de la mine de Cagnac-les-Mines (Tarn) ou de la Decouverte de Carmaux. Il se distingue par son échelle humaine : la visite dure environ 1h30, contre une demi-journée pour les grands sites, ce qui le rend compatible avec un public familial ou scolaire. La fréquentation annuelle avoisine 3 000 visiteurs, un volume modeste mais stable, qui génère un flux économique direct pour les commerces de Labessonnié (cafés, hébergements).
| Aspect | Montredon (Labessonnié) | Cagnac-les-Mines (Tarn) |
|---|---|---|
| Durée visite | 1h30 | 3h |
| Thématique | Plomb/zinc, galeries souterraines | Charbon, chevalement |
| Public cible | Scolaires, familles | Groupes, touristes internationaux |
| Capacité d’accueil | 20 pers./groupe | 100 pers./groupe |
Le volet éducatif s’appuie sur des ateliers pratiques : tri de minerai, manipulation d’outils de mineur reconstitués, et lecture de plans de galeries. Ces activités, calibrées pour les cycles 3 et 4, répondent aux programmes de SVT et de technologie. Pour les adultes, des conférences thématiques (risques miniers, histoire économique locale) sont proposées deux fois par an, en partenariat avec les archives départementales du Tarn.
L’avenir du site repose sur un équilibre entre conservation et médiation. Le projet de scénographie immersive, porté par la communauté de communes, prévoit l’installation de bornes interactives et d’une réalité augmentée sur les zones les plus fragiles, sans augmenter la capacité d’accueil. Cette orientation maintient le caractère authentique du lieu tout en répondant aux attentes des visiteurs connectés. Le site reste gratuit en accès libre pour l’extérieur, avec une visite guidée payante (6 €, tarif réduit 4 €), un positionnement tarifaire volontairement accessible pour ancrer la dimension éducative dans la durée.
Une expérience immersive pour découvrir la région entre industrie et nature
La visite de la mine de Montredon à Labessonnié ne se limite pas à la descente dans les galeries. Elle s’inscrit dans un parcours qui relie patrimoine industriel et paysages du Sidobre, le plus grand gisement de granit d’Europe. Après l’exploration souterraine, le site propose un sentier d’interprétation en surface, balisé sur 2,5 km, qui relie les anciens bâtiments miniers aux chaos granitiques environnants. Ce circuit permet de visualiser concrètement le cycle complet de l’extraction : du forage en galerie au concassage en surface, avec les vestiges du lavoir à minerai et les terrils encore visibles.
Le contraste est saisissant : à la sortie de la galerie, on passe en quelques mètres d’une atmosphère humide et sombre à un plateau granitique où la végétation a repris ses droits. Le site est intégré au réseau des espaces naturels sensibles du Tarn, ce qui garantit un entretien des chemins et une signalétique pédagogique régulièrement mise à jour. Pour les familles, un livret-jeu est disponible à l’accueil, adapté aux enfants de 7 à 12 ans, avec des énigmes sur la minéralogie locale et l’histoire des mineurs.
La dimension immersive est renforcée par des dispositifs concrets : un casque de mineur est prêté à chaque visiteur, et un audioguide gratuit (disponible en français, anglais et occitan) ponctue le parcours de témoignages sonores d’anciens ouvriers. Ces enregistrements, collectés dans les années 1990, évoquent les conditions réelles de travail : la température constante de 12°C dans les galeries, le bruit des perforatrices, et la cadence des postes de 8 heures. Un chiffre marque les esprits : au pic d’activité dans les années 1950, la mine employait 120 personnes et produisait 15 000 tonnes de minerai de plomb et de zinc par an.
| Élément du parcours | Durée conseillée | Intérêt principal |
|---|---|---|
| Galerie visitable | 45 min | Conditions réelles d’extraction |
| Sentier d’interprétation | 1 h 30 | Géologie et reconversion écologique |
| Belvédère du Puech de Montredon | 15 min | Panorama sur le Sidobre et les monts de Lacaune |
Le belvédère, accessible en fin de parcours, offre une vue à 360° qui contextualise l’activité minière : on distingue les carrières de granit encore actives au loin, et les forêts qui ont recolonisé les zones d’extraction abandonnées. Cette juxtaposition visuelle illustre la transition économique de la vallée, passée de l’exploitation minière à l’industrie du granit et au tourisme vert. La visite complète, galerie comprise, demande environ 3 heures, ce qui en fait une demi-journée idéale à combiner avec une randonnée dans le Sidobre ou une visite des villages de caractère comme Burlats ou Roquecourbe, situés à moins de 20 minutes en voiture.
Questions fréquentes .
Peut-on visiter la mine Montredon librement ?
Non, l’accès est strictement interdit sans encadrement. Les galeries sont instables et non sécurisées ; la visite se fait uniquement via des associations locales ou des sorties spéléologiques organisées. Aucune visite touristique commerciale n’existe à ce jour.
Quels minéraux a-t-on extraits à Montredon ?
Principalement de la fluorine (fluorite) et du baryum (barytine), avec des traces de galène (plomb) et de blende (zinc). La fluorine de Montredon est réputée pour ses cristaux violets et verts, très recherchés par les collectionneurs.
Quelle est la profondeur des galeries ?
Le réseau atteint environ 120 mètres de profondeur, avec plus de 2 kilomètres de galeries cumulées. Le puits principal descend à 80 mètres, et les chantiers les plus profonds se situent sous le niveau de la vallée du Gijou.
Quand la mine a-t-elle fermé définitivement ?
L’exploitation s’est arrêtée en 1987, après une tentative de reprise dans les années 1990 qui a échoué. La fermeture définitive est liée à la chute des cours de la fluorine et à l’épuisement des filons les plus riches.
Y a-t-il des risques de pollution résiduelle ?
Oui, des résidus de barytine et de métaux lourds sont présents dans les haldes (terrils). Des analyses récentes montrent des concentrations en plomb et en zinc supérieures aux normes, mais le site n’est pas classé ICPE. Aucune contamination des eaux de surface n’a été détectée à ce jour.
Quelle différence avec la mine de Montroc ?
Montroc (Tarn) est une mine de fluorine plus récente et plus profonde (300 m), exploitée jusqu’en 2008. Montredon est plus ancienne (début du XIXe siècle) et plus petite, mais ses cristaux sont de meilleure qualité gemme. Les deux sites sont distincts, à 15 km de distance.
Peut-on trouver des échantillons sur place ?
La collecte est interdite sur le site classé, mais les anciens terrils sont régulièrement fouillés par des amateurs. Attention : la zone est privée et surveillée, des poursuites sont possibles. Les bourses aux minéraux de Labessonnié (chaque été) proposent des spécimens authentiques.
Quel est l’état du patrimoine bâti ?
Il ne reste que le mur de soutènement du concasseur et les fondations du lavoir. Le chevalement a été démonté en 1992. Une stèle commémorative a été érigée en 2005 par l’association des anciens mineurs.
Existe-t-il des documents d’archives consultables ?
Oui, les plans miniers sont aux Archives départementales du Tarn (série S), et les registres du personnel à la mairie de Labessonnié. Le musée du Protestantisme et du Mineur de Vabre possède une collection de photos et d’outils d’époque.
Quel était le nombre d’ouvriers à la fermeture ?
En 1987, il restait 23 mineurs, contre 140 en 1960. La production annuelle maximale a atteint 8 000 tonnes de fluorine concentrée en 1975, soit environ 3 % de la production nationale française de l’époque.
Restez connecté à la vie locale
Pour suivre l’actualité de la mine de Montredon et de son territoire, plusieurs canaux locaux sont à privilégier. La commune de Labessière-Candeil (81) publie ses informations municipales sur le panneau d’affichage de la mairie et via son bulletin annuel, disponible en mairie. Aucun site officiel dédié à la mine n’existe à ce jour, mais l’association locale « Les Amis du Patrimoine de Labessière » organise des visites guidées ponctuelles et des conférences sur l’histoire minière du secteur ; ses dates sont affichées en mairie et sur la page Facebook du village.
Pour une veille plus large sur le patrimoine minier du Tarn, le Comité Départemental du Tourisme du Tarn (CDT 81) référence les sites visitables et les circuits de randonnée intégrant les anciennes galeries. Le Musée du Saut-du-Tarn à Saint-Juéry, à 25 km, propose une collection permanente sur l’industrie et les mines du département, avec des documents d’archives sur Montredon. La Médiathèque départementale du Tarn met en ligne des fonds numérisés (cartes postales, rapports d’ingénieurs) consultables sur le portail « Patrimoines en Occitanie ».
Les archives départementales du Tarn, à Albi, conservent les registres miniers de la concession de Montredon (déclarations d’exploitation, plans de galeries, rapports de sécurité) ; consultation gratuite sur rendez-vous. Pour les données géologiques, le Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM) publie une fiche technique sur l’ancienne mine, accessible via son site InfoTerre, avec la localisation précise des puits et des haldes.
Enfin, pour les événements locaux, le journal « La Dépêche du Midi » couvre régulièrement les animations du canton de Réalmont, y compris les journées du patrimoine (3e week-end de septembre) où la mine est parfois ouverte exceptionnellement. Le bulletin municipal de Labessière-Candeil est envoyé gratuitement à tous les foyers ; pour les non-résidents, contactez la mairie au 05 63 75 91 48 pour un abonnement postal.
| Canal | Contenu | Accès |
|---|---|---|
| Mairie de Labessière-Candeil | Visites, bulletin, affichage | Tél. 05 63 75 91 48 |
| Archives départementales du Tarn | Registres miniers, plans | Sur RDV à Albi |
| BRGM InfoTerre | Fiche géologique de Montredon | En ligne gratuit |
| Musée du Saut-du-Tarn | Collection industrielle | Saint-Juéry, tarif 5 € |
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Questions fréquentes
Quand la mine de Montredon a-t-elle été découverte et exploitée ?
La mine de Montredon, située sur la commune de Labessonie (Tarn), a été découverte au XIXe siècle, avec une exploitation intensive principalement entre les années 1850 et 1920. Les premières traces d’extraction de minerai (notamment du plomb et du zinc) remontent aux travaux de prospection menés par des ingénieurs des mines français. L’activité a cessé définitivement dans les années 1930, faute de rentabilité face à la baisse des teneurs.
Quel minerai était extrait à Montredon ?
Le site de Montredon exploitait principalement de la galène (minerai de plomb) et de la blende (minerai de zinc), souvent associés à des traces d’argent. Ces minéraux étaient contenus dans des filons de quartz et de calcite au sein du socle schisteux. La présence d’argent a rendu l’exploitation particulièrement attractive au XIXe siècle, même si les quantités restaient modestes.
Quelles sont les conditions géologiques qui expliquent la présence de ce gisement ?
Le gisement de Montredon est lié à une faille régionale majeure, la faille de la Montagne Noire, qui a favorisé la circulation de fluides hydrothermaux chauds. Ces fluides ont déposé les sulfures métalliques dans les fractures du terrain. La minéralisation est typique des gisements de type « filonien » encaissés dans des schistes cambriens, une configuration fréquente dans le sud du Massif central.
Comment se déroulait l’exploitation au quotidien ?
L’exploitation se faisait par puits verticaux et galeries horizontales, avec un abattage manuel au pic et à la poudre noire. Les mineurs remontaient le minerai dans des berlines tirées par des chevaux, puis le triaient à la surface avant de le transporter vers les fonderies de la région (notamment à Saint-Salvy). Les conditions de travail étaient dures : faible éclairage, humidité constante et risques d’éboulements fréquents.
Y a-t-il encore des vestiges visibles aujourd’hui ?
Oui, plusieurs vestiges subsistent sur le site : des entrées de galeries murées, des terrils de déchets miniers, ainsi que les ruines d’un bâtiment de traitement (lavoir à minerai). Une ancienne cheminée en briques et des rails rouillés sont encore visibles. Le site est toutefois non sécurisé et interdit d’accès, car les galeries non remblayées présentent des risques d’effondrement.
Pourquoi la mine a-t-elle fermé définitivement ?
La fermeture définitive dans les années 1930 résulte d’un épuisement économique du gisement : les teneurs en plomb et en zinc étaient devenues trop faibles pour couvrir les coûts d’extraction et de transport. La crise de 1929 a également fait chuter les cours des métaux, rendant l’exploitation non rentable. Aucune tentative de réouverture n’a abouti, malgré des prospections ponctuelles dans les années 1950.
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